Le livre

Texte de la 4ème de couverture du livre consacré à l'école du souffle SARBACANA:

Née des premières curiosités du souffle humain, la sarbacane renaît ici pour nous accompagner dans nos plus subtils souffles de conscience. M.L.Dioptaz a réactivé cet outil préhistorique pour le transmuer en un précieux instrument permettant d’explorer les états les plus affinés de l'attention et de l'intuition. Tout à la fois art, sport et pratique spirituelle, cette nouvelle école du souffle nous invite à découvrir et à expérimenter ce lieu en nous, où lâcher-prise et prise de décision ne font plus qu'un. Cette discipline à pris pour nom : Sarbacana.

Sarbacana, c'est mettre en pratique, au coeur de tout acte décisif et radical, cette autre façon d'être au monde que nous révèle la méditation. Chaque flèche-de-souffle traverse et met en évidence notre exacte qualité d'attention, jusqu'à ce que le souffleur, la sarbacane, la flèche, la cible et l'espace environnant ne fassent plus qu'un.

"objectif-intuition-décision-action-liés en un seul souffle."

Par ce souffle qui fait fusionner le corps et l'esprit, Sarbacana place notre attention là où l'instant présent délivre son enseignement. En cela, cette école participe des voies du Taoïsme, du Ch'an, du Zen ou de toute autre discipline qui nous invite à nous poser sur "l'ici-maintenant".

Ce livre est un véritable manuel pratique sur les processus de la conscience.

Avec l'exigence d'impeccabilité de l'esprit du Zen, Michel-Laurent DIOPTAZ dévoile ici le fruit d'une longue retraite: il s'agit de la naissance d'un "DÔ", la naissance d'une nouvelle voie d'éveil.

Naissance d'un Dô

Préface de Maître Taïkan YOJI

Maître Taïkan JYOJI est "Kaikyoshi" (Maître fondateur) de l'Ecole Zen Rinzaï pour l'Europe. Il est aussi 5ème Dan de Kyudô (tir à l'arc traditionnel japonais, appelé aussi "Zen debout"). Auteur de 7 ouvages sur le Zen : « La source du vide », « Zen et zazen », « Au coeur du Zen », « Exhortations zen », « Itinéraire d'un maître zen venu d'Occident », « L'art du kôan zen », « Zen au fil des jours ». (Aux éditions : "Le Courrier du Livre", "Albin Michel" et "Calmann-Levy".)

- Tout ceux qui se sont élevés un petit plus haut qu'en dessous, disent la même chose: - C'est par de longs et patients efforts qu'on sort de ses propres ornières. La seule et unique raison pour laquelle on pratique le Zen, c'est pour avoir une expérience profonde de soi-même, ou "voir dans sa véritable nature". Dans ce sens, il faut comprendre, non pas simplement voir avec son regard intérieur, mais réaliser sa véritable nature. Nous sommes, tels que nous sommes, en même temps l'outil et l'utilisateur de l'outil. Là, on réside dans le Bouddhisme du Bouddha qui ne s'est appuyé sur aucun texte, aucun sutra, aucun support extérieur pour faire cette expérience profonde de lui-même. Mais le Bouddha était un être exceptionnel. Depuis, différents "outils de réalisation" ont été créés par d'autres pour être mis au service des êtres en recherche d'illumination. Autrement dit, tels que nous sommes, notre Outil intérieur ne suffit pas toujours ! Et puis, la rigueur du Bouddha, l'ascèse qu'il s'est imposée n'est pas l'apanage de l'esprit des hommes. La fantaisie, l'originalité, la diversité font aussi partie des traits constituant l'homme.

La Voie: En chinois, le Tao. En japonais, Dô.
Peu de gens en Occident connaissent la signification profonde du mot "Dô" :
Kyudô: Voie de l'arc
Shodô: Voie de l'écriture
Chadô: Voie du thé
Kendô: Voie du sabre
Mais quels sens donner au mot : "Voie" ?

Le sens le plus profond qui soit. A part aujourd'hui le Judô qui n'est plus une Voie mais un sport, l'esprit dans lequel les différentes Voies étaient pratiquées ne consistait pas à l'origine à maîtriser une technique, un outil, un art, mais bien à utiliser un outil pour forger sa propre réalisation.

Pour travailler sur l'élargissement de sa propre conscience.

Pour épanouir son vrai soi: réaliser sa véritable nature.

Et puis, il y a l'art. Satisfaire à ses besoins d'esthétique fait partie des recherches primordiales de l'être humain. Que nous laissent les peintures rupestres ? Les traces d'un art très élaboré. Quoi de plus naturel pour satisfaire à ses besoins esthétiques et artistiques que de prendre un pinceau dans sa main ?

En Orient, prendre un pinceau, ce n'est pas simplement l'utiliser pour écrire ou peindre. En Orient, prendre un arc, ce n'est pas simplement l'utiliser pour décocher des flèches.

Pourquoi les maîtres Zen de l'école Rinzaï, fondateurs de la cérémonie du thé, se sont-ils ingéniés à multiplier la manipulation, le déplacement des objets lors de cette cérémonie? Pour créer chez l'adepte un état maximum de vigilance, de concentration et d'attention. "Vigilance", "concentration" et "attention" ne sont-ils pas les trois éléments de base nécessaires à la pénétration d'une Voie menant à la réalisation de soi ?

Etre "Un" avec ce que l'on fait, au moment où on le fait, c'est pénétrer dans la Voie.

Le pinceau n'est pas extérieur à soi, le papier n'est pas extérieur au pinceau. Le pinceau, c'est le prolongement du bras; le papier, le prolongement du pinceau.

Il n'y a pas soi, l'arc, la flèche, la cible. L'arc est le prolongement de soi, la flèche, le prolongement de l'arc. La cible, le prolongement de la flèche. Soi, le prolongement de la cible, ceci dans le grand Tout de l'univers illimité. Diriger sa recherche, ses efforts, de manière à être "un" avec ces éléments, tel est le sens profond du Tao.

Nous sommes avec Sarbacana face à un nouvel outil de réalisation. La naissance d'un nouveau Dô.

( Un "do" qui s'appuie sur le "sol" pour faire jaillir "l'air"...)

Imprégné des voies traditionnelles, ici se crée un nouvel art de vivre.

Pourquoi ne pas créer un nouvel outil de réalisation ? Il n'existe qu'une chose qui soit permanente sur cette terre : l'impermanence. Tout est appelé à disparaître après être apparu. Certaines disciplines disparaissent, d'autres apparaissent. Ce qui fait la valeur d'une voie, c'est l'authenticité de celui qui l'enseigne. "Enseigner, c'est apprendre" et c'est se mettre dans l'obligation de montrer le chemin.

Adopter une démarche de chercheur, c'est obligatoirement avancer dans la réalisation de Soi. L'impermanence peut avoir des durées différentes. Le bouddhisme, religion universelle, est la plus ancienne religion du monde encore vivante. Le zen, branche à part entière du bouddhisme, a pris forme 1000 ans après l'apparition du bouddhisme. Que restera t-il de ces écoles dans 1000 ans ?

Sarbacana vient à peine de faire son apparition en tant que voie de réalisation. Il faut, non pas, que cela se cantonne dans la simpIe assimilation d'une technique de souffle mais que grâce à sa pratique un grand nombre d'êtres s'épanouissent.

Sans cet épanouissement, dans le sens d'élargissement de sa conscience, de la conscience universelle, le 21e siècle ne pourra pas être celui de la réalisation spirituelle, ne pourra pas être "religieux" tel que le disait Malraux.

Taïkan Jyoji
Centre Zen Rinzaï de la Falaise Verte
Ardèche 1998

Préface de Gilles FARCET

Gilles FARCET, né en 1959, écrivain, a publié une quinzaine d'ouvrages, parmi lesquels: "Arnaud Desjardins ou l'Aventure de la Sagesse" (La Table Ronde). "L'Irrévérence de l'Eveil" - avec Stephen Jourdain (Editions du Relié). "L'Homme se Lève à l'Ouest" (Albin Michel). "La Ferveur du Quotidien" (L'Originel). "Regards Sages sur Un Monde Fou" - avec Arnaud Desjardins (La Table Ronde). "Le Manuel de l'anti-sagesse, traité de l'échec sur la voie spirituelle" (édition du Relié, réédité en poche)....

Artiste de la plante des cheveux jusqu'à la racine des pieds, Michel- Laurent Dioptaz crée comme il respire. Il aurait pu s'arrêter là, se contenter d'exploiter ses multiples dons. Mais il s'est laissé toucher. Ce que Dürckheim eût appelé le "Tout Autre" est venu le solliciter. Dès lors, il lui a fallu non plus seulement "être un artiste" mais être, de plus en plus consciemment, ici et maintenant.

Sa quête l'a conduit sur différents chemins et voilà que la sarbacane l'a rencontré. "Juste un tube", un "accessoire" qui, dans sa simplicité même, ouvre à l'infini les champs de la pratique.

Avec ce livre qui n'est pas seulement un écrit mais, de par la beauté des photographies et surtout ce qu'elles transmettent du "souffle du présent", une nourriture pour les yeux et le coeur, Michel-Laurent nous fait don en tant qu'artiste, être humain et serviteur de la voie, d'une discipline à la fois nouvelle et immémoriale, un art qui est une pratique spirituelle et une pratique spirituelle qui est un art.

Beauté, rigueur, amplitude, mouvement, immobilité, silence, dans le rythme impersonnel de la vie qui respire. Tout est là.

Salut à toi, Sarbacana, salut à toi, Michel-Laurent. Je te souhaite de rester toujours pleinement présent à ce que tu as accueilli et nous offre.

Gilles Farcet
Hauteville, avril 1998
(Arnaud Desjardin "Hauteville" 07800 St Laurent du Pape)

Préface de Marc de SMEDT

Marc de SMEDT, né en 1946, est un éditeur, écrivain et journaliste français, spécialiste des techniques de méditation et des sagesses du monde. Auteur de très nombreux ouvrages, parmi lesquels:... " Sur les pas du Bouddha", "Eloge du Silence", "La clarté intérieur", "Eloge du bon sens", "Le Rire du Tigre", "Techniques de méditation et pratiques d'éveil", "Paroles de sérénité", "Paroles de tolérance", "Paroles de sagesse éternelle", "Sagesses et malices du Zen"(aux éditions Albin Michel).

J'ai été fasciné par Sarbacana, l'ouvrage de Michel-Laurent Dioptaz, car il a d'abord réveillé en moi une fascination d'enfant pour les sarbacanes, ces tubes creux qui permettaient d'envoyer des boules de papier mâché ou des tiges que nous taillions dans le bois en forme de flèches. Qu'il ait élevé ce jeu au niveau d'une forme d'art martial me ravit car il s'en avère digne : en effet, beauté du geste, rectitude de la posture, travail sur le souffle et l'expiration profonde, recherche du centre de gravité de l'être, concentration et observation, liberté de l'esprit s'allient alors pour donner lieu au détachement suprême qui créera l'acte juste. En cela, méditation et action se lient.

Je salue donc cet effort de recréation d'une ancienne technique et lui voit un avenir riche de sens.

Marc de Smedt
Gordes, septembre 1998